Le costume masculin s'allège et utilise plus volontiers des étoffes claires en été. En hiver, le complet-veston perd son gilet au profit du pull-over. Le col de la chemise n'est plus dur; il se porte fermé avec une cravate de couleur et ouvert avec un foulard pour les tenues décontractées comme les blousons. Le veston ne subit que des modifications mineures concernant sa longueur, la largeur du revers ou la gamme de ses couleurs. Les fixe-chaussettes sont abandonnés grâce aux chaussettes à élastiques. Le port du chapeau disparaît pratiquement et l'imperméable rem­place de plus en plus souvent le manteau. En 1942, malgré les restrictions, apparaissent les premières modes marginales avec les zazous qui portent, outre des cheveux longs et bouffants, des vestons longs et légèrement cintrés, des pantalons larges, des cravates de toile ou de laine à noeud très petit, des chemises à col dur ou souple maintenu par une épingle transversale et des chaussures de cuir à semelle compensée. Ces amateurs de swing portent encore une canadienne par-dessus le tout.

Globalement, les vêtements de l'après-guerre conservent le côté pratique des tenues militaires et pour les jeunes, la récupération des surplus de l'armée américaine sera un signe d'identification. Les battle-dress, blousons, duffel-coats, chemises à deux poches, eux-mêmes souvent dérivés de vêtements d'ouvriers, s'imposent dès lors comme vêtements de loisirs et plus tard, une fois remaniés, de travail. Ce sont ces pantalons kakis associés à des sweaters amples et à des sandales que portent les beatniks barbus des années 50.

   

Ensemble homme composé d'une culotte bermuda avec un pli pressé, avec braguette à boutons et bretelles ; cette culotte est de lainage brun chiné et rayé, traversé d'un fil rouge et d'un fil gris ; un chandail tricoté de laine du pays aux couleurs atténuées, dues à une difficulté de coloration lorsqu'il s'agit de laine brute, confère à ce chandail un caractère d'authenticité, le rapportant au chandails constituant l'uniforme historique des joueurs de hockey des Canadiens de Montréal, chandail rouge avec bordure et col roulé bleu et bande transversale au niveau de la poitrine de blanc et de bleu ; des petits trous d'usure, une grosse pièce ronde sur le fessier de la culotte ainsi qu'un raccommodage de fils de laine aux couleurs voisines contribuent à la patine.

Robe de chambre classique à col châle, ceinture, poche, et manchette ; cette robe de chambre est coupée de velours rouge sanguine imprimé de motifs stylisés et végétaux caractéristiques du symbolisme, alors que les pièces décoratives sont de damas à motif ondulatoire brun café et noir quant à la doublure au lustre exceptionnel, il est de taffetas cuivré.